LA FSU responsable de tous les maux à la mairie ???

Depuis le début du conflit dans les restaurants scolaires, le maire de Limoges, en fin pédagogue-médecin-psychiâtre, déverse son fiel et sa colère sur la FSU dès qu’il en a l’occasion, oubliant que ce mouvement est latent depuis plusieurs mois et que nous travaillons sur ce dossier en étroite collaboration avec nos camarades de la CGT. Mais c’est sans doute là aussi une manière d’essayer de briser une union syndicale… Il ne faut pas non plus oublier que les syndicats FO et à un degré moindre l’UNSA ont participé eux-mêmes à la montée de la grogne dans les cantines avant, devant l’extrême mobilisation et détermination du personnel, de faire volte-face et de laisser seules la FSU et la CGT s’occuper de ce dossier qui était devenu trop lourd pour l’UNSA et certainement trop audacieux pour FO.

Depuis plusieurs jours, les menaces et autres insultes pleuvent donc contre notre syndicat, soit par la voix du maire lui-même, soit par le biais, beaucoup moins courageux, des divers comptes Facebook des conseillers municipaux de la majorité où les commentaires de nos concitoyens extrêmes ( ou commentaires extrêmes de nos concitoyens ) s’en donnent à cœur joie.

Pas une occasion n’est ratée par l’édile en chef pour essayer de faire taire ou de mettre la pression sur nos représentants, et notamment notre secrétaire. Cela a déjà été le cas en Commission Administrative Paritaire, le 10 décembre, puis lors du Comité Technique du 16 et du Conseil Municipal qui a suivi, et enfin  (et quand nous disons enfin… ce n’est même pas sûr) cet après-midi, lors du CHSCT ou le nom de Staline a été évoqué quand il a parlé de la FSU, ce qui a fait bondir les représentants de notre syndicat. Nous avons demandé à ce sujet que cette intervention soit inscrite sur le PV du CHSCT ainsi que la réponse de notre secrétaire. Celui-ci a interpellé officiellement le maire en lui demandant de cesser de provoquer ainsi inutilement les militants FSU en les traitant de gauchistes ou, par la voix de certains dits « Républicains » de « Front de Gauche » devant l’opéra-théâtre de Limoges…

LE JOUR MÊME DU SPECTACLE DE NOËL ET, CE QUI EST ENCORE PLUS INACCEPTABLE,DEVANT DES ENFANTS DU PERSONNEL DE LA VILLE !

Même si être traité de Front de Gauche est plus supportable que de l’être de fascistes, et même si le maire a présenté ses excuses cet après-midi au secrétaire de notre syndicat pour les derniers propos tenus au théâtre, La FSU se fait fort de se déclarer derechef apolitique. Elle rappelle que c’est elle, et uniquement elle, qui a accompagné devant les tribunaux les agents qui demandaient l’attribution de l’indemnité NBI dans les zones sensibles de Limoges, et que la mairie de l’époque était rose et non bleue ! Elle rappelle également son opposition d’antan à tous les projets présentés dans les commissions ou comités qui visaient à aggraver les conditions de travail des agents municipaux ou qui ne respectaient pas la législation en vigueur !

Et vous voudriez, Monsieur le Maire, que notre action syndicale s’arrête parce que la mairie a changé de couleur politique au printemps 2014 ? Vous connaissez déjà notre réponse…

Depuis le début du conflit et jusqu’à hier soir au Conseil Municipal, la mairie n’a eu de cesse de monter la population contre les grévistes des cantines scolaires et les syndicats, la FSU en tête de liste, en déversant un flot de contre-vérités. Il est temps de remettre les choses dans l’ordre et de rétablir la vérité avant la trêve des confiseurs… Ainsi, quand le maire dit:

« …Il existait au sein de la caisse des écoles un système inique, illégal, inconséquent et totalement inégalitaire et inéquitable »…

VRAI:

Rendons à César Émile Roger ce qui lui appartient: cette situation de gestion des heures et des congés du personnel, plus que floue, et dénoncée depuis des années par la FSU, ne pouvait perdurer d’avantage.

Par contre, le fait que la mairie mette en avant la situation des personnels cache, hélas, une autre réalité qui s’apparente plus à de la gestion financière : la suppression de 2000 heures de vacataires pour remplacer les agents titulaires ! C’est d’ailleurs dans cette optique que le projet de redéfinition du temps de travail dans les restaurants scolaires a été présenté aux représentants syndicaux lors de la première réunion de travail. Les discussions engagées alors ont permis d’étaler au grand jour tous les dysfonctionnements qui existaient dans la gestion du personnel des cantines.

… »36 réunions de travail ont été organisées avec le personnel et les organisations syndicales »…

VRAI mais…

Si des petits groupes de travail, avec du personnel méticuleusement trié sur le volet par la direction Jeunesse, ont bien été constitués, la plupart des réunions organisées n’avaient d’autre objectif que d’imposer le projet du directeur des cantines scolaires. La façon autoritaire dont ont été menées les réunions ne laissaient que peu de place aux discussions ou autres revendications des agents. Seuls quelques points, comme l’embauche prévue à 7H (qui pouvait poser des problèmes de ponctualité aux agents qui empruntent les transports en commun) ont pu être négociés par les agents.

Par ailleurs, les représentants syndicaux n’ont eu le privilège de s’exprimer que dans 3 des 36 réunions : la première pour la présentation en elle-même, la seconde lorsque, après consultation du personnel, les organisations syndicales et une délégation d’agents des cantines ont proposé un contre-projet à l’administration, et enfin la dernière, au mois de juillet dernier lors d’un diaporama diffusé aux O.S., sans qu’aucun point soumis dans le contre-projet des agents ne soit pris en compte…

… »Un protocole d’accord a été validé par tout le monde »…

FAUX:

La dernière réunion d’information, présentée par la direction Jeunesse et les représentants de la mairie à l’ensemble du personnel , soit 140 agents réunis à l’amphithéâtre de Blanqui, le prouve. Plusieurs collègues des cantines ont essayé de faire entendre leur opposition au projet sans qu’ils ne soient écoutés, ce qui a provoqué des sifflets et autres mouvement de grogne parmi l’assistance. On ne peut pas lier cette opposition à une manœuvre syndicale puisque les syndicats n’étaient pas invités à cette dernière réunion…

Par ailleurs, les représentants du personnel  (les quatre organisations syndicales) ont alerté à plusieurs reprises la mairie du rejet des agents sur ce dossier et un courrier en ce sens a été adressé au maire en novembre par la CGT,  la FSU et l’UNSA, rappelant cette opposition par le résultat de l’organisation d’une assemblée générale où les 71 agents présents se sont prononcés (à plus de 97% ) contre le projet définitif tel qu’il avait été présenté par l’administration !

Enfin, début décembre, lors de la réunion préparatoire du Comité Technique , la FSU a interpellé le Directeur Général Adjoint en  lui demandant si des négociations pouvaient être encore envisagées sur le point d’échauffement principal de ce projet, à savoir la réduction de la durée quotidienne de travail d’une demi-heure, qui risquait très  probablement engendrer une recrudescence d’arrêts maladie et d’accidents de travail, la réponse s’est soldée par la négative. La FSU a pris acte de la réponse et a signifié au DGA que la mairie prenait l’entière responsabilité d’un éventuel mouvement de contestation  dans les cantines…

« … Le début de la grève a été organisé (dans un but politique?) entre deux tours  d’élections »…:

FAUX:

Si la journée du  10 décembre a été choisie, c’est parce que le Comité Technique, où le dossier des cantines devait être examiné, devait se tenir initialement ce jour-là ! Ayant eu vent d’une très probable contestation, la mairie a alors décidé de repousser le CT au 16 décembre. Les vacances scolaires débutant le vendredi 19, on ne pouvaient pas faire mieux pour étouffer une grève… Les syndicats ont donc maintenu la date du 10 décembre.

Il convenait à la municipalité d’engager des négociations (pourtant obligatoires) avec  les syndicats pour éviter cette mobilisation. Au lieu de cela, le Maire a décidé d’entamer un bras de fer avec le personnel et les syndicats.  SA responsabilité est grandement engagée.

 … »Les grévistes sont responsables de gâchis alimentaire »…

FAUX !

Seuls deux restaurants ( sur les dix-sept que compte le ville ) et -bizarrement- là où la presse s’est rendue, n’ont pu servir le repas qui avait été prévu et  maintenu par la caisse des écoles. Partout ailleurs, les casseurs de grèves ont été déployés par la mairie. Ici, un ou deux élus, là quelques agents fonctionnaires administratifs envoyés  en renfort avec (ou sans) leur approbation. Et le tout sans respecter à aucun moment les règles d’hygiène et de sécurité, au risque de provoquer des problèmes de santé sur les enfants, laissés sans surveillance puisque les agents affectés  à surveillance faisait partie du personnel « réquisitionné » pour le service.

Si des repas ont été jetés, Le maire à beau jeu de prétendre que c’est la faute aux grévistes et aux organisations syndicales !!

Tout d’abord, un point où nous sommes d’accord avec lui : jeter de la nourriture à la poubelle est scandaleux !

Alors pourquoi n’a t-on pas penser à proposer ces repas (qui étaient prêts) à des associations caritatives qui s’occupent des mal logés ou des sans abri comme par exemple « l’Assiette »?

Pourquoi le menu prévu ce jour là a-t-il été maintenu par la direction de la Jeunesse, malgré les alertes répétées des chefs de cuisine et alors que 5 jours auparavant, un préavis de grève était déposé ? Un repas froid aurait pu être servi aux enfants sans « casse » alimentaire, non ?

Pourquoi le maire  n’a t-‘il pas appliqué la loi sur le droit de grève en refusant de recevoir les organisations syndicales pour entamer des négociations ?

Deux réponses possibles à ces questions : soit la mairie n’a pas cru que les agents des restaurants serait mobilisés par la FSU et la CGT, seules organisations syndicales à déposer le préavis de grève, et la mairie à fait là un mauvais pari car près de 54% des collègues ont suivi le mouvement, soit la municipalité a choisi délibérément l’affrontement en utilisant les médias et les réseaux sociaux pour monter la population contre les fonctionnaires territoriaux afin de s’attirer la sympathie et le soutien de l’opinion publique, tout en utilisant la désinformation pour bouclier au droit de grève.

… » La (FSU) a fait de la désinformation auprès des agents… Une réponse a été apportée en Comité Technique à chaque question de la collègue de représentant les agents grévistes… »

FAUX

Tout d’abord, nous remercions notre collègue qui a eu une attitude courageuse en  présentant la motion préparée par les agents gréviste devant le CT. Nous remercions ( une fois n’est pas coutume) le maire de l’avoir accueilli et écoutée avec attention.

Des solutions ont été trouvées sur certaines revendications ce qui prouve bien que lorsqu’on est prêt à négocier, on peut trouver un terrain d’entente, même avec les représentants du personnel…

Nous rappelons ici que des délégations du personnel, sans encadrement syndical, avaient essayé de présenter aux conseillers municipaux chargés des affaires scolaires ( un a été viré et remplacé par l’autre…) le contre-projet des agents et qu’elles avaient essuyé deux refus sous prétexte que…  » c’est comme ça ! »

Il est évident que le maire de Limoges n’avait pas connaissance de ce contre-projet puisqu’il a aussitôt accepté la proposition d’expérimenter les ateliers-cuisines les mercredi après-midi qui était un des points présentés dans le contre-projet…Il a accepté également d’apurer toutes les heures supplémentaires, qui étaient à récupérer ou dues par le personnel au 31 décembre 2015. Il a proposé qu’un ou deux agents seraient d’astreinte en cas de défaillance le jour du départ ou en cas de maladie sur les 3 premiers jours d’un de leur collègue en centre de vacances. Enfin, il a accepté le maintien des horaires actuels des mi-temps à titre d’expérience dans deux restaurants et pour trois mois: Les Portes Ferrées et Corgnac.

Mais lorsque nous lui avons parlé que la compensation de l’éloignement en centres de vacances ne pouvait légalement, dans la filière technique, être des jours de congés mais correspondait à une indemnité de permanence, le maire s’est fâché tout rouge. Il a menacé, s’il devait appliquer les textes en vigueurs,  de revoir alors à la baisse le régime indemnitaire de toute la filière technique. Notre syndicat a rétorqué que de pratiquer une telle sanction sur les agents révélait une estime bien piètre de la filière technique et provoquerait un tollé général, sachant que 85% des agents de cette filière sont de catégorie C et ont des salaires faibles, dont beaucoup proche du SMIG. Les menaces de représailles se sont arrêtées là…

Lorsque le maire a demandé habilement à notre collègue si des réponses qui lui avaient été apportées elle a répondu par l’affirmative. On ne peut pas lui en vouloir d’avoir craqué devant une telle responsabilité de représenter ses collègues de travail.

Par contre, les points  principaux sur la demi-heure et les colonies n’ont pas été abordés.

… « Il est scandaleux de se déclarer gréviste pour deux heures en prenant en otages les enfants des cantines scolaires »….

FAUX !

Tout d’abord, le mot otage est le mot à la mode, dès qu’il occasionne une gêne dans les services publics. Il ne convient vraiment pas  à un mouvement de grève ! Tant de personnes dans le monde sont réellement pris en otages, avec menaces de mort ou demandes de rançon, par des fanatiques ou tout simplement des mercenaires politiques ou religieux que de comparer une grève dans les cantines scolaire à une prise en otages d’enfants qui, au pire, ne mangeront pas un repas du midi, nous paraît inapproprié et indécent.

Par ailleurs, le droit de grève est constitutionnel et chacun est libre de suivre le préavis déposé par les syndicats pour tout ou partie du préavis. Ainsi, si les agents avaient souhaité ne faire grève qu’une heure, ils le pouvaient…

Ensuite, quel est l’intérêt de faire grève une demi-journée ou une journée si le mouvement de grève  ne gêne en rien la continuité du service public ? Aucun, si ce n’est de faire faire des économies de salaires sur les grévistes à la municipalité.

Nous le voyons partout en France :  les mouvements de contestations ne sont suivis d’effets que lorsque la gêne occasionnée frappe l’intérêt des entreprises privées ou des employeurs publics. Combien de grèves ont été engagées à la Ville pour protester contre telle ou telle décision gouvernementale, défilés à l’appui, et qui sont restées lettres mortes devant des patrons ou responsables politiques sourds, aux revendications des manifestants ?

Si, financièrement, il n’y a pas d’impact, les mouvements n’ont que peu de chance d’intéresser les médias et d’imposer des accords aux patrons. C’est la règle, nous le concevons, un règle ridicule mais qui est la même pour tous.

A moins d’avoir en face un dirigeant Responsable qui accepte d’engager des discussions avec les représentants syndicaux lorsqu’un préavis est déposé, ce qui n’est visiblement pas le cas à la Ville de Limoges…

… »le personnel gréviste avait honte de faire grève et débrayait la tête baissée devant les enfants.. »

FAUX !

Le maire se trompe sur une chose capitale: si certains agents baissaient la tête en sortant des restaurants pour faire grève, c’est que la pression constante de certains chefs de cuisine, de la direction Jeunesse et de ses responsables administratifs, des hommes et femmes politique arrivés sur place pour casser le mouvement de grève, les attaques frontales du maire dans son communiqué de presse et les menaces de représailles diverses, étaient lourdes à supporter, surtout pour des personnels qui n’ont pas l’habitude de se déclarer grévistes.

Nous saluons ici avec respect et admiration tous ces agents qui ont eu le courage , sous ces pressions,  de défendre leurs intérêts et ceux de leurs collègues non grévistes.

La FSU n’a cherché  à aucun moment de faire de la récupération politique ou syndicale. A aucun moment non plus, les propos de la direction ou de la municipalité n’ont été  modifiés ou déformé lorsque la FSU les a rapportés devant les agents. C’est donc bien la brutalité et l’indifférence de ceux-là qui ont motivé les arrêts de travail de nos collègues.

… « les heures de grèves ne seront pas payées »…

VRAI !

Même si les agents gagnent peu dans les cantines, ils ont leur fierté ! A aucun moment, les personnels ou leurs représentants n’ont demandé le paiement des heures de grève ! L’allusion faite ainsi par le maire sous entendrait que d’habitude, elles le sont ? Il va falloir que la FSU demande la rétroactivité des heures débrayées sur ces dernières années alors ? (lol).

… »les salariés ont obtenu tout ce qu’ils voulaient. La grève doit donc cesser. »…

FAUX !

Les salariés ont obtenu tout ce qu’ils voulaient ? Là, visiblement, le maire n’a pas pris connaissance des revendications des salariés !

Nous le rappelons une dernière fois : la suppression d’une demi-heure par jour de travail va induire une charge supplémentaire qu’il est difficile, voire impossible de supporter par du personnel usé, vieillissant et dont l’état de santé pour bon nombre d’entre-eux est précaire. D’autres points techniques que vous trouverez dans les articles qui précédents n’ont pas, eux non plus,  été analysés ou discutés.

Le service des cantines scolaires, qui compte une grande majorité de personnels féminins, est un des plus durs métiers de la fonction publique territoriale. Ce service est, avec celui des espaces verts, le plus accidentogène et où l’on compte le plus d’arrêts maladie, dont certains, et il ne sont pas rares, conduisent la commission de réforme à les reconnaître en maladie professionnelle. Tout cela coûte de l’argent à la collectivité et la mesure prise de réduire le temps journalier de travail va accroître le nombre d’agents souffrants et ainsi la note finale pour la mairie.

Tout cette agitation pour économiser l’équivalent de 1,25 temps plein sur le budget ? Cela en valait la peine? Vraiment?

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